Tulku or Tulkou

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Tulkou

Un tülkou ou tulkou, contraction de tulpekou, parfois appelé à tort bouddha vivant, est, dans le bouddhisme tibétain, une personnalité religieuse (lama en général) reconnue comme réincarnation d’un maître ou d’un lama disparu. Cette tradition a débuté au Tibet, officiellement au XIIIe siècle, dans la branche karma-kagyu de l’école kagyupa avec la lignée des karmapa (Düsum Khyenpa (1110-1193) étant considéré comme le premier karmapa). Les lignées des dalaï-lamas et des panchen-lamas sont des lignées de tulkous de l’école gelugpa. Ils sont considérés comme des émanations de bodhisattva, revenu sur terre pour aider les êtres.

Cette tradition est spécifique du bouddhisme tibétain.

Étymologie

En tibétain, le terme tibétain : སྤྲུལ་སྐུ་, Wylie : sprul sku, est un emprunt au sanskrit nirmāṇakāya, signifiant « corps d’apparition », « corps émané », voire corps magique ou miraculeux. La transcription du tibétain en français est tulkou, tülkou ou trulkou.

    निर्माण काय (nirmanakāya) > སྤྲུལ་སྐུ་ (sprul sku) > tulkou

En mongol : ᠺᠦᠲᠦᠭᠲᠦ, VPMC : qutuγtu , ou mongol : ᠺᠦᠪᠢᠯᠭᠠᠨ, VPMC : qubilγan. Le terme mongol khutughtu ou hutagt est en général traduit en chinois par huófó (活佛) « bouddha vivant » ou hùashēn (化身) « réincarnation »; língtóng (靈童) « enfant mystique » est employé pour les jeunes tulkous.

Développement de l’institution

Apparue officiellement au XIIIe siècle dans l’école karma-kagyu, la lignée des tulkous s’est étendue durant les deux siècles suivants aux différentes écoles du bouddhisme tibétain. Sur le plan spirituel, ces grands maîtres qui suivent la voie des bodhisattvas (Mahayana), pourraient contrôler leur renaissance par la force de leur sagesse et compassion. Ils choisissent de renaître pour le bien de tous les êtres.

Rangjung Dorje, 3e dans la lignée des karmapas, fut le premier tulkou reconnu officiellement, en tant que réincarnation de Karma Pakshi en 1288. Actuellement, il existe deux candidats pour la 17e réincarnation du karmapa : Orgyen Trinley Dorje et Trinley Thaye Dorje. Ce qui a été appelée la controverse du 17e karmapa en phase de résolution après la rencontre en octobre 2018 France entre les deux candidats. Selon une croyance, le 21e karmapa deviendra le 6e bouddha, après le futur, et 5e bouddha, Maitreya et sera appelé le bouddha Sinha ou Simha, le Lion.

Dans l’école gelugpa, il y a plusieurs lignées de réincarnations, dont celle du dalaï-lama. Le 1er de sa lignée est Gedun Drub (1391-1474). Sa 3e réincarnation, Sonam Gyatso, fut le premier à recevoir le titre de dalaï-lama de l’empereur mongol Altan Khan, qui fut attribué a posteriori à ses deux prédécesseurs. L’actuel dalaï-lama, Tenzin Gyatso, est la 14e réincarnation de Gedun Drub. Au XVIIe siècle, Lobsang Gyatso (1617-1682), le 5e dalaï-lama, dit « le Grand Cinquième », est placé, en 1642, comme chef temporel par l’empereur mongol Güshi Khan qui a envahi le Tibet en 1640. Jusqu’en 1959, la charge du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel du Tibet est assumée par les dalaï-lamas. Lobsang Gyatso, qui est renommé pour son sens politique, est aussi célèbre pour avoir établi la capitale tibétaine à Lhassa, fait construire le palais du Potala et avoir inauguré la lignée de réincarnation du panchen-lama (les dalaï-lamas et panchen-lamas se reconnaissent mutuellement).

Actuellement, il existe aussi une controverse concernant la réincarnation du 10e panchen-lama. Gendhun Choekyi Nyima, né le 25 avril 1989, est, selon le gouvernement tibétain en exil, la 11e réincarnation du panchen-lama. Il fut nommé par le 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso, le 14 mai 1995. Trois jours plus tard, il disparaissait, enlevé et retenu prisonnier par le gouvernement chinois. Il n’a jamais été revu depuis. Le 29 novembre 1995, se référant à la dynastie mandchou des Qing, les autorités chinoises mettent en place un tirage au sort au monastère de Jokhang à Lhassa pour désigner leur candidat Gyancain Norbu, qui sera nommé Erdini Qoigyijabu. Le but des autorités chinoises serait de contrôler la nomination du prochain dalaï-lama.

Une lignée de tulkous peut aussi s’éteindre ou être mise en sommeil. Ainsi en 1792, la lignée des Shamar Rinpoché, un des régents du karmapa, alors dans sa 10e incarnation, fut banni du Tibet par le gouvernement tibétain pour des raisons politiques. Des réincarnations de Shamar Rinpoché auraient néanmoins été identifiées, et le 14e de la lignée, Kunzig Shamar Rinpoché (né en 1952), a été ré-institué par le 16e karmapa en 1956, mais ce n’est qu’en 1963 qu’il a été officiellement reconnu par le dalaï-lama et le gouvernement tibétain en exil. Il existe des cas où le tulkou ne se réincarne plus, ayant atteint l’éveil, ce qui est possible durant sa vie, ou après la mort durant la phase du bardo.

Caractéristiques des tulkous

Les estimations concernant le nombre de tulkous varient entre un demi-millier (selon Françoise Pommaret) et un millier (selon Pamela Logan). Ils sont principalement répartis au Tibet, au Bhoutan, dans le Nord de l’Inde, au Népal, en Mongolie, ainsi que dans le sud-ouest de la Chine ; on trouve parmi eux quelques femmes, comme Khandro Rinpoché, Samding Dorje Phagmo ou encore Dorjé Pagmo Rinpoché, née en 1980 au Bhoutan. Selon Havnevik Hanna, citant Arnaud Desjardins, la fille de Sonam Togpyal Kazi, Jetsun Péma, a été reconnue par le 14e dalaï-lama et le 16e karmapa comme la réincarnation de Jetsun Lochen Rinpoché (Lochen Chönyi Zangmo) qui fut enseignante de Sonam Topgyal Kazi et de sa femme. Ils peuvent avoir de nombreux disciples et assument en général la responsabilité d’un ou plusieurs monastères avec leurs assistants.

Selon Alexandra David-Néel, le droit de porter le titre de tulkou – généralement énoncé dans les actes officiels sous la forme mongole de houtouktou – pouvait être reconnu à un lama par le gouvernement chinois. C’était le cas pour les plus importants d’entre eux. Ceux qui n’avaient pas obtenu cette reconnaissance – c’est-à-dire la majorité – occupaient un rang inférieur dans la noblesse tibétaine lamaïste et se répartissaient entre plusieurs catégories : ceux qui à défaut de leur reconnaissance par la Chine, avaient obtenu celle du dalaï-lama et ceux qui devaient leur investiture à d’autres lamas plus ou moins importants.

Le tulkou peut laisser avant sa mort des indications orales ou écrites concernant les circonstances de sa prochaine renaissance. On peut également faire appel à l’astrologie, à des prophéties ou intuitions de lamas consacrés. Il s’écoule en général deux ou trois ans avant que le tulkou ne soit identifié, car il doit réussir différentes épreuves de reconnaissance de personnes ou d’objets qu’il a rencontrés dans sa vie précédente. Les tulkous de certaines lignées peuvent se reconnaître mutuellement, comme le panchen-lama et le dalaï-lama.

Selon Kevin Trainor, il n’est pas rare que des querelles surgissent à propos de la reconnaissance d’une nouvelle incarnation. À l’origine de ces disputes le fait que traditionnellement les grands tulkous bénéficiaient de grandes « maisonnées » ou labrangs possédant des terres et d’autres ressources destinées à pourvoir aux besoins matériels du tulkou et à ceux d’un régent et de tuteurs avant que le tulkou atteigne sa majorité. Avant les années 1950, les labrangs des grandes lignées possédaient de vastes domaines, une main-d’œuvre servile et de nombreux bâtiments.

La mère du dalaï-lama actuel, une paysanne de l’Amdo, mit au monde trois tulkous sans se départir de sa simplicité.

Le jeune tulkou est élevé par ses parents durant les cinq ou six premières années de sa vie. S’il s’agit d’un grand maître, il est intronisé dans un monastère en tant que détenteur de la lignée. Certains tulkous ne sont reconnus qu’à l’âge adulte.

Le plus souvent, le tulkou achève ses études, prononce ses vœux de moine complet, qu’il peut aussi rendre, ce qui fut le cas du 6e dalaï-lama. Dans certaines écoles, comme celles des Nyingma, des chefs de lignée Sakya et de certains Kagyu, les lamas peuvent se marier et avoir des enfants, ce qui fut notamment le cas de Chogyam Trungpa Rinpoché (1939-1987).

Il peut y avoir des erreurs, ou des hésitations. Ainsi, Dawa Norbu Rinpoché (né en 1950) de la lignée nyingmapa, reconnu tout d’abord comme tulkou de Taksham, fut ensuite identifié par le Karmapa comme tulkou de Pema Yeshe. Il assuma dès lors cette dernière fonction et l’on partit à la recherche d’un autre tulkou de Taksham.

Les tulkous étaient traditionnellement tibétains ou parfois mongols. Récemment, on en a découvert dans d’autres régions du monde, comme l’Espagnol Tenzin Ösel Rinpoché (né en 1985), réincarnation de Thubten Yeshe, le franco-américain Karma Trinlay Rinpoché (né en 1975), reconnu par Kalou Rinpoché ou encore Elijah Ary. On peut encore citer l’Américain Steven Seagal, reconnu à l’âge adulte par Penor Rinpoché, maître de l’école nyingmapa et qui serait la réincarnation de Chungdrag Dorje (XIIe siècle), originaire de Dege (Kham) et tertön du monastère de Palyul.

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Tulku

A tulku (Tibetan: སྤྲུལ་སྐུ་, Wylie: sprul sku, ZYPY: Zhügu, also tülku, trulku) is a reincarnate custodian of a specific lineage of teachings in Tibetan Buddhism who is given empowerments and trained from a young age by students of his or her predecessor.

High-profile examples of tulkus include the Dalai Lamas, the Panchen Lamas, the Samding Dorje Phagmos, the Karmapas, Khyentses, the Zhabdrung Rinpoches, and the Kongtruls.

Nomenclature and etymology

The word སྤྲུལ or ‘sprul’ (Modern Lhasa Tibetan [ʈʉl]) was a verb in Old Tibetan literature and was used to describe the བཙན་པོ་ btsanpo (’emperor’/天子) taking a human form on earth. So the sprul idea of taking a corporeal form is a local religious idea alien to Indian Buddhism and other forms of Buddhism (e.g. Theravadin or Zen). Over time, indigenous religious ideas became assimilated by the new Buddhism; e.g. sprul became part of a compound noun, སྤྲུལ་སྐུ་’sprul.sku’ (“incarnation body” or ‘tülku’, and ‘btsan’, the term for the imperial ruler of the Tibetan Empire, became a kind of mountain deity). The term tülku became associated with the translation of the Sanskrit philosophical term nirmanakaya. According to the philosophical system of trikaya or three bodies of Buddha, nirmanakaya is the Buddha’s “body” in the sense of the bodymind (Sanskrit: nāmarūpa). Thus, the person of Siddhartha Gautama, the historical Buddha, is an example of nirmanakaya. In the context of Tibetan Buddhism, tülku means the corporeal existence of enlightened Buddhist masters in general.

In addition to Tibetans and related peoples, Tibetan Buddhism is a traditional religion of the Mongols and their relatives. The Mongolian word for a tülku is qubilγan, though such persons may also be called by the honorific title qutuγtu (Tib: ‘phags-pa and Skt: ārya or superior, not to be confused with the historic figure, ‘Phags-pa Lama or the script attributed to him, (Phags-pa script), or hutagt in the standard Khalkha dialect. According to the Light of Fearless Indestructible Wisdom by Khenpo Tsewang Dongyal: the term tülku “designates one who is ‘noble’ (or ‘selfless’ according to Buddha’s usage) and used in Buddhist texts to denote a highly achieved being who has attained the first bhumi, a level of attainment which is truly egoless, or higher.”

The Chinese word for tülku is huófó (活佛), which literally means “living Buddha” and is sometimes used to mean tülku, although the Dalai Lama has said that this is a mistranslation, as a tülku isn’t necessarily a realized being

Meaning of “tulku”

Higher Vajrayana practitioner can be reborn as a tülku, who have attained siddhis and mastered the bardo of dying, bardo of dharmata or bardo of becoming.

Valentine summarizes the shift in meaning of the word tülku: “This term that was originally used to describe the Buddha as a “magical emanation” of enlightenment, is best translated as “incarnation” or “steadfast incarnation” when used in the context of the tulku system to describe patriarchs that reliably return to human form.” Also meaning “emanation body”.

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